Skip to content

Park Seo-Bo, Paris (2026)

Exposition à venir

Park Seo-Bo

15 Avril – 30 Mai 2026

Adresse

White Cube Paris

10 avenue Matignon
75008 Paris

« Archivons tout. »

— Park Seo-Bo

White Cube Paris présente une exposition consacrée aux « Ecritures », œuvres emblématiques de Park Seo-Bo, un ensemble initié par l’artiste à la fin des années 1960 et poursuivi tout au long de sa vie. Marquant la première présentation de ses « Newspaper Ecritures » à Paris, l’exposition retrace plus de cinq décennies de pratique artistique, depuis ses premières peintures « Ecriture » conçues lors de son séjour dans la ville à la fin des années 1970, jusqu’à des œuvres plus tardives qui témoignent de ses innovations ultérieures en matière de matériaux et de couleur. Fondées sur une méthodologie profondément introspective, les « Ecritures » sont réalisées par une répétition rigoureuse, au sein de laquelle l’artiste s’est adonné à un processus de développement personnel inspiré par les philosophies du bouddhisme et du taoïsme. Achevant souvent chaque « Ecriture » ​​en une seule séance, Park Seo-Bo avait mis au point un système lui permettant d’organiser et de préserver son œuvre.

Bien qu’actif en tant qu’artiste dès le milieu et la fin des années 1950, ce n’est qu’au cours de la décennie suivante que Park Seo-Bo conçoit ses « Ecritures ». Durant une grande partie de la fin des années 1950 et du début des années 1960, et sous l’influence de sa formation en peinture occidentale à l’université Hongik de Séoul, son travail se concentre sur la question de savoir quoi peindre. Cette interrogation initiale émerge à la suite d’un séjour prolongé à Paris en 1961, où Park Seo-Bo s’était rendu pour participer à l’exposition de l’UNESCO « Jeunes Peintres du Monde à Paris », et où il resta un an après avoir appris que l’exposition avait été reportée de dix mois. Au cours de cette période, ses rencontres avec le modernisme européen – notamment les principes gestuels et anti-compositionnels de l’Art Informel – donnent lieu à des œuvres abstraites et viscérales qui traduisent les séquelles traumatiques de la guerre de Corée. Toutefois, à la fin des années 1960, à mesure que son engagement envers les philosophies taoïste et bouddhiste s’approfondit, cette interrogation connaît un tournant décisif : la question de savoir quoi peindre cède la place à celle de savoir comment.

Emprunté au mot français « écriture », le terme offre à Park Seo-Bo un langage lui permettant de reconsidérer l’acte de peindre et de privilégier le processus à l’intention artistique. Dès ses débuts, il aborde la toile comme une surface sur laquelle des gestes peuvent s’inscrire et s’accumuler au fil du temps, souvent par l’application répétée de traits de crayon sur des fonds monochromes encore humides, comme en témoignent ses premières œuvres telles que Ecriture n° 5–71 et Ecriture n° 8–71 (toutes deux de 1971). Réorientant ses préoccupations antérieures, qui visaient à exprimer visuellement un malaise existentiel, les « Ecritures » proposent un rituel curatif permettant de canaliser et de refléter ses états intérieurs.

L’artiste ne revient à Paris qu’à la fin des années 1970, durant une pause hivernale de son enseignement à l’université Hongik. Conçues à cette époque et revisitées dans ses dernières années, les « Newspaper Ecritures» représentent un moment charnière dans la formation de sa pratique artistique. Logé dans une modeste chambre d’hôtel à Montparnasse, il commence à expérimenter avec les journaux qu’il utilisait pour nettoyer ses pinceaux. Dans une lettre adressée à son épouse en 1977, il évoque sa frustration face à l’humidité hivernale : « Ces jours-ci, les peintures refusent tout simplement de sécher ; alors en attendant, je ramasse des exemplaires du Monde […] et je fais des essais.» Se tournant vers les matériaux à sa disposition, il commence à y inscrire des marques au crayon itératives ; la fragilité du papier journal exigeant un geste plus immédiat, d’un seul souffle, en contraste avec les incisions plus lentes et méthodiques de ses œuvres antérieures. Traits, coulures et marques se déploient sur la page imprimée, laissant apparaître par endroits les titres des journaux et fragments de texte sous la peinture, reliant ainsi l’acte de peindre à l’écoulement du temps et aux résidus matériels du quotidien.

En 1972, prenant soudainement conscience que la mémoire finirait par lui faire défaut, Park Seo-Bo met en place un système rigoureux de documentation : consignant les événements quotidiens dans des journaux personnels et constituant de vastes archives d’articles de journaux et de magazines, qu’il imprime, organise et relie en plusieurs volumes. C’est dans cette perspective que les peintures « Ecriture » peuvent être comprises comme une extension de cette impulsion à enregistrer : une forme d’inscription diaristique menée en parallèle de sa quête de développement personnel. Si la beauté esthétique n’était pas l’objectif recherché par l’artiste, ses peintures tardives « Pencil Ecriture (colour) », réalisées alors que sa santé déclinait, révèlent néanmoins une élégance formelle inhérente à l’acte même. N’étant plus en mesure d’achever une œuvre en une seule journée, ces travaux prennent forme sur des durées prolongées, parfois sur plusieurs années. Dans Ecriture No. 190411 et Ecriture No. 190403 (toutes deux 2019), des passages horizontaux de lignes au crayon s’accumulent dans un lent mouvement rythmique d’aller-retour sur de délicats champs de jaune et de bleu. Considérée par l’artiste comme une réinterprétation de ses premières « Ecritures », cette série marque une rupture avec ce processus d'introspection rigoureux, vers une attention élargie au potentiel de l’art en tant que vecteur de guérison collective.

Dans les dernières années de sa vie, Park Seo-Bo étend les principes de ses « Ecriture » au médium de la céramique. À partir de la fin des années 1980, son travail acquiert une tridimensionnalité affirmée grâce à ses innovations avec le hanji, un papier traditionnel coréen dont il applique la pulpe imbibée sur la surface de la toile, utilisant ses doigts ou des outils de sculpture pour créer crêtes et sillons. Attiré de longue date par l’argile, il transpose cette même dimension tactile dans ses œuvres en acrylique sur céramique, modelant et accumulant la matière humide de manière similaire, ici toutefois sous forme de relief sculptural.

Conçues entre 1971 et 2023, les œuvres présentées à Paris marquent le retour posthume de Park Seo-Bo dans la capitale française et témoignent de son effort constant pour consigner à la fois sa vie émotionnelle et les circonstances de son époque. Offrant à l’artiste d’innombrables possibilités d’expérimentation, les « Ecritures » réalisent, par des actes de retenue et de répétition, sa profonde capacité d’introspection et son aspiration à atteindre la paix intérieure par l’effacement de soi. Cette quête radicale, menée tout au long de sa vie, a joué un rôle déterminant dans le développement du minimalisme coréen et a établi Park Seo-Bo comme une figure majeure du Dansaekhwa.

Park Seo-Bo (1931–2023) est largement reconnu comme le père du mouvement « Dansaekhwa ». Tout au long de sa carrière, il a été salué pour son engagement en faveur de l'art coréen. Parmi les nombreuses distinctions qu'il a reçues, on peut citer l'Ordre du Mérite Culturel Geumgwan de Corée du Sud en 2021, le prix Asia Arts Game Changer de l'Asia Society en 2018 et la Médaille Culturelle de la Couronne d'Argent en Corée en 2011. Son travail a été exposé à l’international, notamment au Château La Coste, Aix-en-Provence (2021) ; à la Langen Foundation, Neuss (2020) ; au Solomon R. Guggenheim Museum, New York (2019) ; au National Museum of Modern and Contemporary Art, Séoul (2019) ; au Museum of Fine Arts, Boston (2018) ; à la 56e et 43e Biennale de Venise (2015 et 1988) ; au Leeum, Samsung Museum of Art, Séoul (2014) ; au Portland Museum of Art, Oregon (2010) ; au Singapore Art Museum (2008) ; à la Kunsthalle Wien, Vienne (2007) ; à Tate Liverpool (1992) ; au Brooklyn Museum, New York (1981) ; et à l’Expo 67, Montréal (1967). Ses œuvres figurent également dans les collections du Cleveland Museum of Art ; du Hirshhorn Museum and Sculpture Garden, Washington, DC ; du Solomon R. Guggenheim Museum, New York ; du Centre Pompidou, Paris ; du K20, Kunstsammlung Nordrhein-Westfalen, Düsseldorf ; de M+, Hong Kong ; du National Museum of Contemporary Art, Séoul ; et de la Tate, Londres, entre autres.

Vues d'exposition


Sélection d'œuvres

Park Seo-Bo

Ecriture No.230506, 2023

Park Seo-Bo

Ecriture No.221121, 2022

Park Seo-Bo

Ecriture No.221119, 2022

Park Seo-Bo

Ecriture No.190403, 2019

Park Seo-Bo

Ecriture No. 5-76, 1976

Park Seo-Bo

Ecriture No.221123, 2022

Park Seo-Bo

Ecriture No.221117, 2022

Park Seo-Bo

Ecriture No.230429, 2023

Park Seo-Bo

Ecriture No. 8-71, 1971

Park Seo-Bo

Ecriture No. 5 – 71, 1971

Park Seo-Bo

Ecriture No. 160614, 2016

Park Seo-Bo

Ecriture No. 190411, 2019

Park Seo-Bo

Ecriture No. 31-77-78, 1978

Park Seo-Bo

Ecriture No. 221210, 2022

Park Seo-Bo

Ecriture No. 220603, 2022

Depuis les archives: Park Seo-Bo à Paris

Photos : Park Seo-Bo à Paris en 1977-1978. © PARKSEOBO FOUNDATION

« À ma chère épouse. Dans la maison en face de l’hôtel où je séjourne, Gauguin ou Modigliani ont autrefois vécu. […] Ces jours-ci, les peintures refusent tout simplement de sécher ; en attendant, je me suis mis à ramasser des exemplaires du journal Le Monde […] et à expérimenter dessus […] en utilisant des pigments à l’huile et du crayon. »

— Écrit par Park Seo-Bo dans une lettre adressée à son épouse en 1977, lors de son séjour à Paris.

Publication associée

‘The Newspaper Ecritures 2022-23’

Ce catalogue rend hommage aux peintures « Écriture de journaux » de Park Seo-Bo, qui constituent la dernière série d’œuvres réalisées par l’artiste avant son décès en 2023.

Acheter

Biographie

Né en 1931 à Yeocheon, dans la province de Gyeongbuk, à l’est de la Corée du Sud, Park Seo-Bo appartient à une génération profondément marquée par la guerre de Corée (1950–1953). À la fin des années 1960, il entame la série « Ecriture » – empruntant son titre au mot français – qui deviendra la plus emblématique de son œuvre et le fil conducteur de toute sa carrière.

Profondément influencé par les philosophies taoïste et bouddhiste, et animé par une quête radicale du vide, Park Seo-Bo réalisait chaque œuvre en une seule séance, mobilisant un flux d’énergie à travers la répétition du geste. Les premières œuvres de la série « Écriture » au crayon et à la peinture à l’huile se caractérisent par de délicats traits de crayon incisés sur des surfaces pâles et monochromes.

Park Seo-Bo in studio 2020 © PARKSEOBO FOUNDATION
Photo © Kimkyungbum

Préparez votre visite à White Cube Paris

En savoir plus

Create an Account

To view available artworks and access prices.

Create account